Elections
2012
FRANCOIS HOLLANDE
: CANDIDATURE PREOCCUPANTE
Par
Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret
Ce billet n'engage que l'opinion
de son auteur
J-4 : Une date
historique
A 4 jours d'une date historique où nous porterons notre
prochain président de la République, qui aura à affronter
de fortes répliques des tsunamis financiers vécus ces
quatre dernières années, dans un contexte de fortes attentes
sécuritaires multiformes (sécurités sociale, économique et
physique) exprimées par les 6,5 millions d'électeurs "
Marinistes " et une " guerre totale " au
monde spéculatif attendue, sur sa gauche, par plus de 4 millions de
partisans " Mélanchonistes ", François Hollande est-il
proche de nos préoccupations quotidiennes ? Bonne question s'il en
est, puisque c'est l'un des principaux reproches faits à son rival
Nicolas Sarkozy.
Les deux principaux échecs de Nicolas Sarkozy sont le bilan "
travail " qui devait permettre de " gagner plus en
travaillant plus " aux classes populaires et moyennes et la
sécurité publique. Ou plus exactement la tranquillité
publique. En ce lendemain de 1er mai, force est de constater
le fiasco de l'emploi où la précarité s'est exponentiellement
aggravée et de façon inversement proportionnelle à
l'indécente opulence d'une poignée de
riches privilégiés, donnant ainsi le coup de grâce entamé par
François Mitterrand dès 1981 : Cassez la classe "
moyenne ". Niveler par la base notre
société. Faire disparaître cette classe sociale qui avait
permis à nos grands-parents modestes de léguer un patrimoine à
leurs enfants leur offrant ainsi leur " ticket d'entrée "
dans cette classe sociale dont, eux-mêmes, n'avaient pu accéder.
Cette classe sociale qui ne peut plus participer à la
croissance nationale, donc à l'emploi, à cause de son
pouvoir d'achat qui ne cesse de s'effondrer.
Fiasco sur la sécurité publique avec une diminution très
inquiétante des effectifs de police* (*et gendarmerie)
nationales, impossibilité à éradiquer les trafics et leurs gangs
qui pourrissent la vie de certains et encore trop nombreux
quartiers, mais surtout aggravation de la violence dans un contexte
de réduction des moyens judiciaires qui sont le corollaire d'une
bonne police. Quelles que puissent être les conclusions du
drame survenu à
Noisy-le-Sec il y a dix jours, il
témoigne tragiquement de l'affaiblissement struturel ne notre
police nationale*. Un bilan partagé par
Serge Supersac qui, dans l'édition de ce jour du quotidien régional
Le Parisien constate que le fossé s'est creusé entre " une
force de sécurité à la recherche d'affaires et non plus de paix
civile, et la population, piégée par le discours offensif et
volontariste, qui n'a pas vu la situation s'améliorer ".
Mais son rival socialiste n'est pas pour autant le sauveur espéré.
Si le bilan de Nicolas Sarkozy n'est pas brillant sous sa mandature
présidentielle, François Hollande n'est pas exempt d'inquiétudes
soulevées par ses orientations économiques, son entourage et ses
bilans de mandats locaux puisqu'il en a deux, lui qui ne cesse de
prôner le non cumul des mandats, n'a gère montré l'exemple jusqu'à
présent.
Que nous propose-t-on comme alternance, pour ne pas dire seule
alternative.

François
Hollande et son équipe : Ambiance !
Dès le soir du second tour des primaires socialistes, je me suis
soudainement transporté... en 1981. Lors de sa déclaration qui
l'officialisait comme le principal concurrent de Nicolas Sarkozy à
la présidentielle, tout y était : La dialectique, les postures, la
gestuelle. François Mitterrand réincarné. Ce pourrait être
flatteur... s'il n'y avait pas 30 ans de décalage économique dans
le programme du candidat à la fonction suprême.
Dès lors, comment va-t-il composer avec un parti socialiste aux
horizons si différents ?
D'un Manuel Vals (" Quelqu'un me dit qu'il est normal, je
commence à me méfier " - 11 juin 2011)
aux positions fracassantes à sa droite, jusqu'à Arnaud
Montebourg (" François Hollande, c'est le principal défaut du
parti socialiste " - 8 juin 2010) qui souhaite
refonder la République sur sa gauche, sans oublier Martine Aubry ("
Arrêtez de dire qu'il travaille, François n'a jamais travaillé,
il ne fout rien. " - 30 avril 2011) qu'il aura affrontée
jusqu'au second tour des primaires avec parfois des
diatribes qui témoignaient de profondes divergences pour le moins,
on ne pu peut parler que d'unité de façade.
Sans même évoquer des pointures du Parti Socialiste, dont Laurent
Fabius qui, le 18 avril 2011, déclarait : " Franchement, vous
imaginez François Hollande président de la République, on
rêve ! ". Et son ex-compagne d'enfoncer le clou le 8
septembre de la même année : " Le point faible de
François Hollande, c'est l'inaction. Est-ce que les Français
peuvent citer une seule chose qu'il aurait réalisé en 30 ans de vie
politique ? ".
Aujourd'hui, forcément, c'est l' union sacrée autour du candidat de
remplacement après les déboires New-Yorkais de celui qui devait
prétendre au titre, bien que je me demande toujours comment, ceux
qui prétendent vouloir combattre l'ultra-libéralisme,
pouvaient concilier leur idéologie anti-capitaliste en
espérant que l'un des hommes les plus puissants
financièrement [1] porte ce combat
contre la finance mondiale. Paradoxal.

" La France Forte " de
Martine Aubry
Après la bataille des motions qui a montré en son temps autant de
programmes socialistes que de leaders - autant dire qu'il y a
pléthore d'orientations au sein du parti -, après les primaires,
pas si lointaines, qui ont mis à jour de profonds clivages
dans les décisions à prendre, on peut légitimement se
questionner " avant " de ce qui est à craindre "
après ". S'il l'emporte dimanche prochain, François
Hollande aura à concilier, voire réconcilier, des
personnalités aux diagnostics certes communs, mais aux réponses à
apporter souvent divergentes, parfois même radicalement
opposées. Sans oublier de flatter les égos surdimensionnés de
certains qui se voient déjà ministres avant même que nous ne nous
soyons déjà déplacés aux urnes. Spécialité socialiste s'il en est.
L'une des candidates aux primaires serait déjà même pressentie
au Perchoir, présidence de l'Assemblée nationale.
D'autres vont plus loin en besogne puisqu'ils oublient les
législatives ou s'imaginent les avoir gagnées. C'est sans compter
sur les envies de progression du Front National qui pourra se
maintenir dans beaucoup de circonscriptions et encore plus du
Front de Gauche qui aura la niaque. Les votes dits "
utiles ", qui soit dit en passant sont autant de
renoncements à notre propre liberté, du premier tour de la
présidentielle ne seront pas au rendez-vous aux
législatives. D'autant que même si les législatives sont
un scrutin aux enjeux nationaux, la proximité y tient aussi une
place importante. Ainsi, vues de Noisy-le-Sec, les affiches de
propagande présidentielle du candidat Hollande posant aux cotés
d'un Claude Bartolone qui s'annonce comme étant " votre
député " fait sourire. Quoi qu'il en prétende, Mr Bartolone
n'est pas encore " notre " député noiséen
puisqu'Elisabeth Guigou l'est encore. C'est là une anticipation
quelque peu discourtoise à l'égard des autres candidats de
gauche aux législatives dans notre circonscription et surtout une
affirmation qui anticipe les scrutins. Que l'on nous laisse le
temps de voter dimanche 6 mai dans un premier temps et que l'on
nous laisse également le temps d'aller aux élections de juin.
Simple respect des électeurs.
On peut sourire même, lorsque Martine Aubry, répondant à David
Pujadas le 12 octobre 2011 sur " le changement " porté par
le Parti Socialiste : " C'est ce que j'appelle la France Forte.
Si on ne change pas profondément le modèle dans lequel on est, la
France ira de plus en plus mal " [2]. On ne peut pas faire
phrase plus " socialiste ". De celle qui ne contribue en
rien au débat. Stérile. Creuse. Comme si l'envie de changement
était un monopole du parti éponyme. Madame Aubry montre là toute la
pertinence de ses propos et du courant qu'elle symbolise. Les 6,5
millions d'électeurs du Front National, les 4 millions d'électeurs
du Front-de-Gauche, tous ces gens ne voudraient pas de changement ?
En fait, le 12 octobre, Madame Aubry a fait savoir qu'elle
espérait... exactement ce que Nicolas Sarkozy propose : Une
" France Forte " avec une refonte de notre modèle de
société.
En dehors des socialistes,
sur sa gauche
François Hollande, s'il est élu dimanche, n'aura pas le
choix.

Quoi qu'on en dise et quels que furent d'éventuels accords ou au
contraire absence de concession, il devra composer sur sa gauche.
Le vote " Mélanchoniste " témoigne non d'une idéologie
dépassée, mais d'une profonde souffrance du monde du
travail. Ou de ceux qui souhaitent y accéder. Ou sur le
point d'en être éjectés. Il ne pourra l'ignorer au risque de voir
le parti socialiste se fissurer très rapidement voire comptabiliser
de nouveaux transfuges vers un Front-de-Gauche qui séduit de plus
en plus et dont le score du premier tour ne doit pas être sous
estimé malgré son chiffre plus modeste qu'espéré, beaucoup de
supporters de Jean-Luc Mélanchon s'étant sans doute portés sur la
candidature Hollande dans un reflexe fondé sur la crainte d'un
nouveau " 21 avril " qu'il fusse " à l'envers "
ou non. Ce fameux " vote utile " ! Ces électeurs ont sans
doute eu tort, car sans mettre en danger François Hollande, ils ont
privé Mélanchon de sa troisième place - et donc de sa victoire sur
le Front National - et surtout se sont amputés d'un poids
électoral plus important qui aurait contraint les socialistes
à virer à babord de leurs orientations.
La revanche risque par ailleurs d'être payée cash dans certaines
nombreuses circonscriptions aux prochaines législatives. Le
Front-de-Gauche, " humilié " par le score du Front
National voudra sa revanche. L'éventuelle reussite de Monsieur
Hollande n'appaisant pas les fortes attentes du milieu populaire,
voire défavorisé. Je crains que la déception soit au rendez-vous et
la tension sociale pourrait bien exploser à l'automne.
Du coté d'Europe-Ecologie / Les Verts, le score médiocre de la
candidate Eva Joly va compliquer sérieusement l'accord passé sur 60
circonscriptions offertes aux Verts au détriment de
" ténors locaux " du PS. L'unité apparente jusquà ce
jour dans une présidentielle transformée par les socialistes en
référendum anti-Sarkozy pour mieux éluder un programme économique
plus qu'instable et très inquiétant sur l'avenir de notre dette
publique que nous laisserons à génération suivante, risque bien
d'exploser par la suite.
Il n'aime pas la
richesse... surtout celle des autres
Car celui qui, dès le meeting du Bourget, a désigné la finance
comme son " ennemi " et réaffirmé sa volonté d'imposer
plus lourdement les plus aisés et de taxer les transactions
financières, a rapidement tenu un discours different à La City
londonienne en février dernier. Ce qui lui a valu des commentaires
acerbes et fondés du Front de Gauche.

Il n'est pas très représentatif de nos préoccupations quotidiennes.
Certes, sa séparation d'avec Ségolène Royal a modifié son
patrimoine, mais le candidat des pauvres est loin de l'être. Bien
loin de ses convictions déjà affirmées, comme le 8 juin 2006, où
François Hollande lâche excédé face à MAM très vindicative : "
Je n'aime pas les riches, je n'aime pas les riches, j'en
conviens ". Pour celui qui touche 7 000 euros nets (soit plus
de 5 smics) par mois rien qu'avec ses deux mandats - rappelons au
passage qu'il est pour le non cumul, du moins là encore pour les
autres - de député et président du Conseil général de Corrèze,
cette déclaration peut surprendre pour un homme qui appartient aux
5% de français les plus aisés, voire même un peu au dessus de la
moyenne des patrons français (4 000 euros) selon le journal Le
Monde.
Le patrimoine du candidat, qui vit dans un 108 m2 dans le XVème
arrondissement de Paris qu'il loue avec sa nouvelle compagne pour 3
000 euros par mois " charges incluses ", n'en détient pas
moins un patrimoine qu'il a sû protéger grâce à sa profession
d'avocat réputé. Ainsi, il possède 30% de la SCI Olfi, à
laquelle est rattaché l'appartement de 80m2 occupé par son
père et détient 70% de l'appartement occupé par son
frêre, les deux logements situés à Cannes étant estimés à un
montant de " 370 000 euros ". [3] Une estimation qui
feraient sourire les agences immobilière. Enfin, il " reconnait
en pleine propriété " [4] , depuis sa
séparation d'avec Ségolène Royal, d'un belle villa de 130 m2 sur 1
500m2 de terrain, avec piscine dans un secteur résidentiel
privé et sécurisé des hauteurs
de Cannes dont la valeur est estimée à " 800 000 euros ".
Avec " belle vue sur la mer ", là encore les agents
immobiliers souriraient. Le patrimoine du candidat a-t-il été sous
estimé ? La question mérite d'etre posée.
On pourrait imaginer François Hollande imposé à l'ISF. Mais il n'en
est rien... grâce à Nicolas Sarkozy, qui a relevé les niveaux
planchers.
La notion de richesse vue
par François Hollande
Dans les colonnes du Parisien, en janvier 2007, le candidat
socialiste revient sur " les riches " et tente d'en donner
une définition en indiquant qu'il faut ponctionner plus fortement
les contribuables les plus aisés qui touchent un salaire net
mensuel de plus de 4 000 euros. Dans le point 15 du programme
socialiste [5], on s'apperçoit que
finalement le candidat des pauvres aura fait marche arrière
puisqu'il fera " contribuer les plus
fortunés des Français à l’effort national en créant une
tranche supplémentaire de 45% pour les revenus supérieurs à 150 000
euros par
part ". Soit un salaire net mensuel de 12
500 euros par
part. Soit pour un couple de deux cadres avec deux enfants
une sur-imposition à partir de 37 500 euros par mois ! Je vous
rassure, à Noisy-le-Sec, très peu doivent être concernés En tout
cas, c'est trois fois moins le chiffre annoncé en 2007.
Finalement c'est Max Gallo qui, répondant à Saïd Mahrane du Point
en date du 8 mars 2012 résume bien le paradoxe des
socialistes face à l'argent : " Comme il est donc
curieux, aujourd'hui, d'entendre François Hollande stigmatiser la
finance et les riches, alors que nous avons eu un socialiste
directeur général du FMI, qu'un autre est responsable de l'OMC et
un troisième de l'Autorité des marchés financiers ".
Le bilan du député et de
ses proches : Absences répétées
Catastrophique en terme d'assiduité, le député qui se
propose de diriger la France arrive - en 2011 - à la
559ème position sur 577 [6] ! Avec 7
semaines d'activité il est largement distancé par sa collègue
Elisabeth Guigou (PS, notre député) qui comptabilise 27 semaines et
Claude Bartolone (PS) et ses 30 semaines pour la même période, le
député de Corrèze a surtout brillé... par son absence. Celui qui
n'a jamais eu de responsabilités nationales importantes n'est même
pas en mesure d'assumer assidûment le mandat de député que lui ont
confié les électeurs de la Corrèze.
Cet absenteisme se constate également pour Manuel Valls qui, avec
13 semaines seulement, fait parti des 150 derniers.
Mais le record, parmi les proches du candidat socialiste, est
détenu par Arnaud de Montebourg qui ne comptabilise que... 3
semaines d'activité seulement selon le même site.
Quant à Laurent Fabius, toujours prêt à faire des leçons de morale
politique à ses adversaires, L'Express dévoilait en novembre 2010
que l'ancien Premier ministre n'était guère mieux dans sa démarche.
Ainsi Romain Rosso écrivait-il : " Laurent Fabius
irrite les membres de la commission de la Défense et des Forces
armées de l'Assemblée nationale, dans laquelle il est censé siéger.
L'ancien Premier ministre se contente de signer le cahier
d'émargement - pour ne pas être pénalisé financièrement,
conformément au nouveau règlement - et s'en va, sans assister à la
séance. Mercredi 27 octobre, à la demande des députés, le cahier a
été placé à l'intérieur de la salle. Fabius a alors demandé à un
huissier de le lui apporter devant la porte... avant de
repartir. "C'est
insultant", s'insurge le député UMP du Rhône Christophe Guilloteau
(...) " [7].
Pour ces quatre personnages publics de cette campagne
socialiste, force est de constater que l'assiduité aux travaux
parlementaires n'est pas leur priorité. Empocher leurs indemnités
oui, travailler, moins déjà !
Beaux exemples " d'élus proches du peuple ".
Corrèze : Sur-endettée. Vu
de Noisy, çà fait sourire
Le département dirigé par le socialiste Hollande est dans le rouge
coté finances [8].
Ainsi, la capacité d'auto-financement (CAF) - équivalent à l'apport
personnel d'un particulier pour un prêt - du département a
brutalement chuté. Or, si vous habitez Noisy-le-Sec,
souvenez-vous des propos de Jean-Paul Lefebvre en mars 2008,
alors Adjoint (PS) au maire socialiste en charge des finances
: Il critiquait la gestion de la mandature Nicole Rivoire (MoDem ex
UDF - 2005/2008) sur justement la baisse de cette CAF de
Noisy-le-Sec, en critiquant vertement ce qu'il considérait comme
une mauvaise gestion. En effet, plus la CAF est faible, plus la
capacité d'investissement s'effondre sauf à maintenir les projets
en augmentant la fiscalité locale, souvent déjà lourde dans les
collectivités dites de gauche. C'est donc un socialiste noiséen qui
nous confirme - bien indirectement et sans le vouloir je le concède
- que la gestion socialiste en Corrèze n'est pas des plus
performantes.
D'ailleurs, le diagnostic de Jean-Paul Lefebvre sur ce point à
l'époque était, je pense, assez vrai. Deux beaux équipements, la
crêche Keller et le Dojo, c'était peut être un de trop pour un
mandat partiel. De fait, ceci nous a été confirmé dans les faits,
puisque la maire socialiste d'alors, qui se disait elle
aussi proche du peuple, a pris dans ses toutes
premières mesures une hausse substentielle de l'imposition locale
qu'elle a aumenté également en 2009 et même 2010, car si ce
dernier budget a été rejeté, les taux d'impositions
avaient été paradoxalement approuvés. Trois hausse d'impôts en
trois premiers budgets. Le peuple a bien morflé sous
mandature socialiste ! Il le lui a bien rendu en ne reconduisant
pas la maire socialiste lors des partielles de 2010.
Et tout comme à Noisy-le-Sec sous la mandature socialiste, la
Correze a présenté des défauts assez semblables sous présidence de
Monsieur Hollande [8].
- Augmentation de 50% de fonctionnaires territoriaux,
- Augmentations importantes des fiscalités
locales,
- " Explosion de la dette de + 25%, faisant de ce
département le plus endetté de France, 3 fois plus que la moyenne
nationale " .
et de très nombreuses suppressions ou diminutions à d'aides et
allocations à caractères sociales ... touchant les classes
sociales qu'il entend défendre en tant que candidat à la
présidentielle : Les plus fragiles et les moins aisées.
D'ailleurs, dans une moindre mesure, le socialiste Bartolone,
Député (assidu, je le reconnais) et président du Conseil Général de
Seine-Saint-Denis (actuellement il est très souvent avec Mr
Hollande car ministrable en cas de victoire ce 6 mai) a pris des
orientations un peu semblables dans notre département.
Immigration
: Depuis 30 ans le PS fait grimper le FN !
Le concept remonte aux années Mitterrand. Homme brillant, il avait
rapidement compris l'avantage à faire grimper les taux du
Front National, effritant d'autant le RPR de l'époque. Des années
70, je ne me souviens du FN que sous des scores marginaux émanant
de groupes radicaux, pour ne pas dire extrémistes. C'est
sous les septennats socialistes que le parti de
droite nationale (nationaliste ?) a connu un premier essor
important, attirant de nouveaux électeurs issus des classes
populaires qui se sentaient - à tort ou à raison - menacés
physiquement et économiquement.
Aujourd'hui, le candidat socialiste déclare vouloir réguler
l'immigration au cas par cas. Les socialistes avaient tenu le même
discours sous les mandatures Mitterrand. Résultat, immigration mal
régulée. La goutte d'eau du président sortant a abouti au
score d'aujourd'hui : un Front National à 6,5 M
d'électeurs.
Ce n'est plus un vote de colère. C'est un vote d'adhésion. Le vote
" Mariniste " en 2012, c'est le refus d'une Europe
ultra-libérale, du nivellement par la base, de l'abandon de notre
Souveraineté à des technocrates qui mettent à terre des pays
entiers (je vous rassure, notre tour approche) au mépris de la
dignité humaine.
A y regarder de près, cet item est aussi le fer de lance du
Front-De-Gauche, également en lutte contre l'ultra
capitalisme.
Ce qui fait tout de même 10,5 millions d'électeurs en
souffrance.
Aujourd'hui, c'est le grand débat télé. Sauf bourde magistrale de
l'un ou l'autre, la donne ne devrait s'infléchir qu'à la marge,
sans doute pas suffisant pour rattraper l'écart encore important
donné par les sondages qu'il convient de n'interprêter qu'en tant
que tels avec leurs marges d'erreurs.
Finalement, je ne suis pas certain que les socialistes soient si
proches du peuple qu'ils le prétendent.
Et dimanche, le choix entre un bilan négatif et un programme
utopiste ne va guère nous aider à départager les candidatures
proposées aux électeurs. Je comprends que certains préfèrent aller
à la pêche.
Auteur : Jean-Emmanuel Nicolau-Bergeret
© 02 mai 2012 - JENB Productions -
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Romainville
Références
[1]
Dossier : " Le
patrimoine de DSK " - L'Express.fr, 11 mai
2011
[2]
" Primaires
socialistes : Revivez le débat du second tour en direct " - Live 20
minutes.fr
[3]
" Tout savoir sur le
patrimoine des candidats " - L'Express.fr, 23 février
2012
[4]
" patrimoine de
François Hollande, d'un couple à l'autre " - L'express.fr, 21
février 2012
[5]
Programme officiel du
candidat socialiste
[6] Classement de l'Observatoire Citoyen de
l'Activité Parlementaire
[7]
" Fabius, absent mais
payé " - L'Express, 16 novembre
2010
[8] Chambre Régionale des
Comptes du Limousin : " Rapport d'observations définitives sur la
gestion du département de la Corrèze " - 5 octobre
2010.
[9] "Comment j'ai coulé
la Corrèze en 4 ans " - Jean-Pierre Nicolas, Député de
l'Eure