Faits-Divers
PSYCHOSE
GENERALISEE
Par
Jean-Emmanuel
Nicolau
Voilà une dizaine de
jours que nous ne cessons d'être interpellés par des Noiséens, ou
plus éxactement par des Noiséennes, mères de famille pour la
plupart. Si au début les premières informations qui nous sont
parvenues semblaient parcellaires, la multiplication des
inquiétudes qui nous ont été adressées ne pouvait nous laisser
indifférents, d'autant que même nos enfants et des proches
recevaient les mêmes types d' alertes.
Par SMS, au travers
des réseaux sociaux, voilà donc plus d'une semaine que la rumeur
courait à Noisy-le-Sec : Un violeur en série aurait été apperçu
dans notre ville. Et l'inquiétude grandissait auprès des parents en
particulier.
Un appel à témoins relayé et déformé
C'est un appel à
témoins diffusé par la police judiciaire de Paris, concernant un
homme décrit comme étant d'origine africaine et présentant des
cicatrices rituelles, soupçonné de trois viols dans la Capitale et
dans l'Essonne, qui aurait été relayé abondamment et déformé sur
les portables et comptes internets des adoslescents.
Ainsi, en
Une de son édition de
Seine-Saint-Denis datée d'hier, le quotidien régional le
Parisien évoquait cette psychose
généralisée à toute l'Ile-de-France. Avec des messages tous plus
angoissants les uns que les autres. Ainsi le quotidien
rapporte-t-il un SMS allégant même que le violeur présumé aurait
été appercu il y a 72 heures entre Pierrefitte et Saint-Denis se
transformant dans le même temps de violeur présumé en violeur avéré
et même meutrier. Ce type de message a également été reçu sur des
portables de Noiséens, précisant que l'homme circulait à
Noisy-le-Sec à bord d'un véhicule de type Clio. Des messsages parmi
lesquels certains affirmaient même que l'homme recherché avait à
son bord un enfant en bas-âge.
Et à Noisy-le-Sec ?
Bien évidemment, la
multiplications des informations reçues nous ont incités à nous
rapprocher à plusieurs reprises de Laurent Rivoire, notre maire.
Car non seulement se posait pour nous le bien-fondé de ces messages
mais aussi le traitement de cette information. Devions-nous évoquer
sur nos pages ces inquiétudes au risque de concourir à l'affolement
général, devions nous communiquer pour rassurer ou bien au
contraire devions-nous faire silence ?
Jusqu'à la parution
de l'article du
Parisien hier, nous avions décidé, après
plusieurs entretiens avec notre édile, de ne pas communiquer. En
effet, notre maire a été réactif à nos questionnements. « Je
suis effectivement au courrant de cette rumeur qui circule
actuellement en ville » nous a expliqué ainsi l'édile qui
poursuit : « Le même type d'information circule dans d'autres
villes du département comme me l'ont confirmé d'autres maires, mais
en l'état actuel des informations dont je dispose, cette rumeur
semble sans aucun fondement. J'ai parcourru la commune, en
particulier la rue Jean Jaurès, j'ai croisé de nombreux Noisens et
aucun ne m'a évoqué cette rumeur ».

Selon notre maire
donc, il s'agirait plus d'une psychose relayée par des messages
infondés entre jeunes. L'évocation-même des meurtres de " 2
filles dans un collège entre Pierrefitte et Saint-Denis " dans
le SMS publié hier dans le
quotidien régional montre combien les faits
imputés dans les messages relayés entre jeunes et même des adultes
sont totalement farfelus. D'ailleurs, à la question de savoir si
nous devions communiquer sur le sujet, Laurent Rivoire nous avait
conseillé de ne pas l' évoquer sur nos pages au risque de donner de
l'importance à une rumeur sans fondement.
Une position
partagée à l'inspection académique de Seine-Saint-Denis selon
Le
Parisien citant Daniel Auverlot [qui] «
pense qu'un démenti à ces fausses rumeurs ne ferait que les
renforcer ».
Enfin, à ce jour,
Laurent Rivoire n'a fait aucun communiqué officiel tant sur
le site de la
Ville que sur les pages officielles
Facebook de la Commune et celles de son service
Jeunesse.
La rumeur enfle et se
déforme
Ainsi dans
l'article du Parisien
paru hier et expliquant la rupture de
notre silence jusqu'à lors, les auteurs reprennent les témoignages
de parents, tel que « Mehdi, parent d'élève à La Courneuve
[qui] évoque une " vraie psychose " » ou le cas d'une
gardienne d'immeuble du XVe arrondissement de Paris qui, vendredi
soir, « (...) croyait savoir que le violeur parisien était aux
abords d'un collège de Saint-Denis ». Ainsi, selon l'article,
la rumeur circule aussi « (...) du coté du Val-d'Oise (...) à
Epinay, Créteil, Issy-les-moulineaux ».
Une rumeur qui
mobilise énormément de services de police, police qui craint que
ces fausses alertes n'interfèrent dans d'autres affaires. Une
police débordée selon le quotidien puisque les fonctionnaires
vérifient les informations qui leurs parviennent. Ainsi, un encart
titré « Trois gardes à vue et
des centaines d'appels » démontre
combien la police nationale étudie de près tous les signalements
sur ce sujet.
Une autre crainte
est que ces rumeurs ne tournent au drame, certains citoyens pouvant
être tentés de faire justice eux-même avec le risque non
négligeable de graves méprises, le portrait-robot
diffusé étant finallement assez commun en Ile-de-France. Ce qui
pourrait d'ailleurs expliquer le nombre d'appels.
Ne pas céder à la panique mais
rester vigilant
En conclusion, pour
Laurent Rivoire, qui précisait lors de ses Voeux aux personnalités
le 3 janvier dernier, que la sécurité publique s'est globalement
améliorée cette dernière année à Noisy-le-Sec, il convient de ne
pas céder à la panique générale générée par des rumeurs sans
fondement.
Au demeurant,
l'attitude la plus appropriée pour nos jeunes Noiséennes et
Noiséens est celle que tout collégien ou lycéen doit avoir
habituellement à la sortie de son établissement : Préferer les
déplacements à plusieurs. En cas d'inquiétude justifiée, en parler
à un membre de la communauté éducative.
Et surtout ne pas
continuer à relayer les messages farfelus reçus par SMS ou par les
réseaux sociaux.
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